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Culture
et tradition
Le decret des étoiles
Pour tous les Sri Lankais, l’astrologie joue un rôle
décisif à tous les âges de la vie. Aucune décision
majeure n’est prise sans consultation préalable d’un
astrologue, que ce soit pour la construction d’une maison, un
futur investissement ou un voyage à entreprendre. Tout est
fonction de la position des étoiles.
La naissance d’un enfant est la première occasion de
rendre visite à l’astrologue. Celui-ci établit
le thème astral qui décidera de son avenir. C’est
un véritable rituel au cours duquel se déroule nam tebima,
la « cérémonie du nom », c’est à
dire la prescription des trois ou quatre premières lettres
avec lesquelles les parents devront forger le nom qui portera bonheur
à leur enfant.
Lors de la puberté des jeunes filles, c’est l’astrologie
encore qui l’emporte sur la nature. À l’apparition
des premières règles, leur mères s’en vont
consulter l’astrologue qui détermine le jour où
elles sont en âge d’être femmes, en fonction de
la conjonction astrale de leur naissance. Jusqu’à cette
date, la demoiselle reste cloîtrée, ne recevant de visites
que des femmes de sa famille. Le jour J, sa puberté est proclamée
à travers une fête à laquelle est conviée
toute la parentèle qui remettra à la jeune fille, désormais
bonne à marier, ses cadeaux de bijoux et parures.
Pour chaque individu, l’astrologue détermine la pierre
précieuse la plus favorable : portée à même
la peau, elle sert de prisme bénéfique aux rayons du
soleil qu’elle transmet au corps. Certaines gemmes ont même
le pouvoir d’infléchir un destin trop cruel, comme celles
qui composent la navaratna mudda, la « bague aux neuf pierres
».
Les signes zodiacaux figurent bien sûr en bonne place dans les
annonces matrimoniales. Il faut vérifier qu’il n’y
a pas incompatibilité entre les futurs conjoints. L’astrologie
décide aussi de la date des noces en fonction de la meilleure
conjonction astrale et permet de contrôler que les 20 vertus
requises pour les époux sont bel et bien compatibles.
Au Sri Lanka, même la politique ne va pas sans consultation
astrologique. On confie aux astrologues le choix de la date la plus
favorable aux élections parlementaires qui ont lieu tous les
6 ans.
Les Bonzes
69
% de la population du Sri Lanka est bouddhiste. Cette religion domine
donc largement les autres et constitue l’un des piliers de la
société sri lankaise. D’ailleurs, la Constitution
impose à l’Etat de protéger le culte bouddhiste
sans empêcher la pratique d’autres religions. Le pays
compte plus de 6500 monastères rassemblant 20 000 moines répartis
en trois congrégations principales. Cette comunauté
perpétua la longue tradition de méditation et d’enseignement
qui débuta au VIe siècle avant J.-C., lorsque le Bouddha
fit son premier sermon près de Bénarès devant
5 disciples qui constituèrent la communauté originelle
et décidèrent de suivre la loi bouddhique.
En pali, le moine bouddhique s’appelle bhikku, signifiant mendiant.
En effet, il est sans foyer ni emploi et ne doit pas, en théorie,
posséder d’argent selon l’une des nombreuses règles
de la disicipline monastique (le Vinaya). Parmi les autres règles,
il doit s’abstenir de tuer, de voler, de mentir (en particulier
de faire semblant d’avoir atteint les étapes de l’Eveil),
de boire de l’alcool, d’avoir des relations sexuelles,
de manger l’après-midi, de s’asseoir sur un siège
confortable ou d’assister à un spectacle de danse ou
de musique. Il se doit aussi de s’habiller simplement. Lors
de leur ordination, il se rase la tête et reçoit de sa
famille sa robe très caractéristique couleur safran.
Son emploi du temps quotidien dans le monastère est partagé
entre l’étude des textes bouddhistes, la méditation
et les éventuelles cérémonies de bénédiction
organisées à la demande d’un laïc. Il prend
deux repas quotidiens, le premier à l’aube et le second
avant midi. Lors des jours de poya (plaine lune), tranditionnellement
fériés au Sri Lanka, les fidèles se rassemblent
dans les monastères pour assister à une cérémonie
qui dure du lever au coucher du soleil. Elle est l’occasion
pour les bonzes d’assister les fidèles dans leur méditation,
alors que ceux-ci leur offre de la nourriture, des vêtements,
des médicaments et d’autres objets usuels. Le don est
d’ailleurs l’action méritoire la plus répandue
parmi les fidèles et constitue un autre héritage ancestral
puisque la communauté originelle et le Boudddha lui-même
survivèrent par les dons des laïcs.
La pratique de la religion bouddhiste au Sri Lanka est d’ailleurs
l’une des plus orthodoxes : elle se revendique du Theravada,
la Voie des Sciences, qui suit scrupuleusement les préceptes
des textes anciens en pali. De manière générale,
les laïcs ont une attitude emprunte de respect et de déférence
envers les bonzes. Ils ont même leur plae réservée
dans les bus. Il existe une congrégation, les vanavasin, qui
vit de manière austère à l’écart
des villes et des autres congrégations dans la contemplation
et l’étude des sûtras, les sermons et paraboles
du Boudhha. Leurs monastères sont situés en forêt.
Ils ont peut de contacts avec les laïcs, sauf si ces derniers
viennent apporter des dons. |
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